Le festin des rois de Lyryana

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Le festin des rois de Lyryana

Message par Fou le 5/4/2010, 08:38

Elle avait peur, elle était terrifiée. Elle ne savait pas pourquoi on l'avait emmené ici. Elle était jeune, elle était pure, entièrement dévouée à la déesse du foyer Vesta. Foyer qu'elle n'avait pas pu connaître, étant née sans père et de mère esclave.
On l'avait vêtue comme une prêtresse, et sous le fin tissu d'un blanc presque transparent, elle sentait sa peau nue frissonner de froid. Elle restait là, plantée devant cette porte de bois noir, attendant probablement qu'on sonne son nom et qu'on lui fournisse des explications.
La cloche tinta enfin, et le battant s'ouvrit sur la pièce la plus terrifiante qui lui ai été donnée de voir de toute sa jeune vie. Sous un plafond à ciel ouvert se déroulait un grand tapis noir et carré, dont le centre était meublé par un autel de marbre clair. De chaque côté de la pièce, à demi plongée dans l'obscurité, des convives masqués et habillés de noir étaient allongés sur des divans d'or et de velours, les visages tournés vers elle. Le long des murs tenturés de soie noire s'alignaient des torches qui luisaient d'un éclat orange et menaçant. Et enfin, en face d'elle, au delà de l'autel, le maître des lieux, sur son trône d'argent, vêtu de sa grande cape sombre, lui souriait. Lentement, d'un geste mesuré, il tendit la main vers elle, et prononça ces paroles :
- Bonsoir, mon enfant. Approche, n'aie pas peur.
Bien qu'elle fut proprement terrifiée, elle obéit aux directives de la voix chaude et maîtresse d'elle même. C'était un homme sûr de son pouvoir. Elle s'avança vers l'autel, et quand la lune frappa son visage, tous les invités se mirent à chuchoter avec excitation. Elle ne comprenait pas cet engouement, mais tentait de garder son calme et d'écouter ce qu'on voulait lui dire. Le maître sourit. Elle était vraiment parfaite de pureté. Mielleux, condescendant, il lui fit part de ses désirs :
- Ma chérie, ma chère petite, j'ai entendu dire que tu honorais la déesse Vesta de ton culte. Or, mes amis et moi seraient très curieux de voir à quoi ressemble une danse rituelle. Comme tu le vois, c'est la pleine lune, et c'est le temps parfait pour ta démonstration. Je te fournirais l'argent dont tu as besoin, à toi et à ton temple, si tu veux bien nous faire ce plaisir. Le veux-tu ?
L'adolescente rougit, à la fois honorée et soulagée. Rien que ça ! Danser pour des spectateurs ! Oh, elle avait été bien sotte de croire qu'on lui voulait du mal. Terrassée de contentement et de fierté, elle s'inclina devant celui qu'elle prenait pour son nouveau mécène, et montant sur l'autel, se mit à danser. Oui, elle avait été folle, d'écouter ces radotages sur les fêtes des patriciens qui finissaient en de sanglantes orgies. Ils étaient simplement des gens respectables et excentriques, qui aimaient l'art. Elle s'appliqua donc à faire de son mieux, sa voix chantante invoquant la déesse pour laquelle elle se vouait corps et âme. Son corps souple tournoyait, ses cheveux bruns miel virevoltaient, ses mains se faisaient des oiseaux gracieux, et ses formes, dessinées par la lune, en faisaient une nymphe de la plus pure espèce. Elle se sentait transfigurée, emplie du divin, dans un état de transe extatique et de bonheur... Quand soudain, elle sentit des bras l'attraper et la clouer sur l'autel.
Elle ouvrit les yeux et hurla de peur et de surprise. Les torches s'étaient ravivées, et autour d'elle, les convives s'étaient levés, déshabillés, entièrement nus, les yeux brûlants de désir. Elle gémit, demanda ce qu'il se passait, mais la seule réponse qu'elle reçut fut le corps du maître se collant au sien.
Ce contact la fit crier de toutes ses forces. D'un geste sûr, il lui plaqua la main sur la bouche, afin de l'empêcher de parler. Lorsqu'il l'eut contemplée, terrifiée, les yeux exorbités et trempés de larmes d'horreur et d'incompréhension, pauvre petite bête trahie par les loups, il lui caressa le visage de sa main libre, et murmura :
- Ma chère fille, dans la vie, on ne peut pas toujours faire ce qu'on veut.
Puis il se tourna vers ses convives, dont les corps frissonnaient d'attente, et proclama :
- Voici ce que je vous offre, ce soir, mes chers amis : le festin d'une vierge encore pure, une vierge de mon propre sang.
Quoi ? Comment ça, de son sang ? Non, ce n'était pas possible, lâchez-moi, lâchez-moi, laissez moi partir, je n'ai rien fait de mal, ne me blessez pas, ne me tuez pas... Oh non, pitié, ne me violez pas, c'est tout ce qu'il me reste, je dois rester vierge pour plaire à ma déesse... Mais qui êtes-vous, monsieur, qui êtes vous, monstre ? Immobilisée aux poignets et aux chevilles, elle ne pouvait pas bouger. Lorsqu'il ôta ses doigts de sa bouche, il l'embrassa goûlument, avec la langue, la paralysant de honte et de crainte. Elle essaya de le mordre, mais il la gifla, l'étourdissant. Son regard se porta sur les invités. Les hommes étaient pris d'une violente érection, interdits par lui de faire le moindre geste, d'assister à la scène en attendant leur propre délivrance charnelle. Les femmes gémissaient, se tordant les lèvres et se passant les mains sur le corps, au supplice physique. Il sourit de satisfaction, plein de son pouvoir. Puis, doucement, il déchira l'habit de sa victime, découvrant ses seins fermes et magnifiques, d'un blanc opalescent sous le rayon de lune, puis son ventre, tendre et lisse comme la chair d'un agneau, ses bras, pareils à ceux d'une statue, mais aussi ses jambes jeunes et encore pleines de la rondeur enfantine, au coeur desquelles se dissimulait, derrière un épais buisson de poils sombres, l'endroit qu'il convoitait. Il eut un petit ricanement de jouissance de la possession, et commença à lui caresser les tétons, puis à lécher son corps d'enfant trop vite grandi, son corps intact, jamais touché, d'une pureté sans nom. Alors qu'il atteignait le nombril frissonnant de froid et d'humiliation, il leva la tête, et déclara :
- Allez-y, mes amis ! Regardez moi, et succombez aux ordres de votre animalité en me regardant pénétrer cette vierge, cette fille que j'eus d'une de mes esclaves ! Ah, petite, jeune petite de mon sang, adorable poupée de ma chair, prêtresse, tu n'es plus rien du tout ! Sens moi rentrer en toi et te souiller, moins que rien, salope !
A ces mots, il fit glisser son pénis dans l'entrée de son corps, et déchira son hymen avec la ferveur d'un assassin. Elle hurla, longuement, d'une douleur sans fin, prise, prise comme une proie, à la fois dans son corps et dans son intimité personnelle, brisée, tous ses voeux abandonnés, religieusement salie, plus rien, plus rien du tout, une catin. Elle hurlait, elle se débattait, mais plus elle le faisait, et plus il allait profondément en elle, et plus il jouissait, et plus il lui faisait entendre son plaisir de la détruire, de la réduire à la poussière. Elle sentait son corps brûlant contre sa peau glacée, elle sentait l'envie de vomir qui la tenaillait, la douleur terrible qui lui prenait le dos et le sexe, elle sentait ses mains attraper ses seins et leur laisser une empreinte indélébile, l'empreinte de la salissure intérieure. Alors, alors qu'il s'acharnait sur elle, hurlant, grognant, riant, elle cessa de crier, car elle comprit qu'elle était morte. Tout ce qui sortait de ses lèvres étaient de gémissements de non répétés, auxquels les oui de son assassin faisaient écho. Et elle fixait la lune. Non, Artémis, tu ne m'as pas abandonnée toi aussi... Aie pitié de moi, déesse de pureté... Mais elle était loin, trop loin la lune, alors qu'elle se trouvait au milieu de la débauche. Quand elle eut la force de tourner sa tête sur le côté, remuée jusqu'au plus profond d'elle-même par le visage lubrique de son père qui s'agitait en elle, elle vit, autour de l'autel, bien pire... Tous les invités s'enchevêtraient les uns sur les autres, dans un délire de verges, de jambes écartelées, de seins tressautants, tous ensemble, et tous dégageant cette immonde odeur de sexe et de transpiration qui lui donnait la nausée... Oui, elle était morte, et elle ne souhaitait qu'être morte. Son bras se tendit vers l'extérieur, dans un mouvement de désespoir, comme pour essayer de dire aux gens qu'elle ne voulait plus vivre. Oh ! Comme ça lui plaisait, à lui, de la voir agoniser, tremblante, pleine de lui ! Triomphant, il accéléra encore les mouvements de ses hanches, prévenant la jouissance, et lorsqu'elle arriva, il lui saisit le visage et la força à regarder.
Tout sembla se calmer. Il avait ce qu'il voulait. Il devait continuer. Alors que ses convives se repaissaient des chairs entre hommes, entres femmes, à plusieurs, par devant, par derrière, il invita d'un geste son serviteur à lui passer un couteau et une coupe, et levant le bras vers le ciel, déclama :
- Mes amis ! Regardez, je suis le Dieu des Chrétiens, ce Jésus qui fut crucifié ! Regardez moi ! Ceci est mon corps ! Ceci est mon sang !
Et quand les regards et les bouches ouvertes de plaisir lubrique se tournèrent vers lui, il ouvrit le corps de son enfant, et la sacrifia à sa croyance en le seul Dieu vivant : la débauche.
Le sang jaillit, coula, et la lumière de la vie déserta ses yeux. Tant mieux pour elle, la pauvre enfant, la pauvre créature. Il remplit la coupe de sang et la but, invoquant le sang du Christ qu'il méprisait. Et alors, et alors, ses invités arrivèrent près de l'autel, et plongeant la tête dans ses intestins, chacun eut sa part de son corps souillé, et chacun mangea à nouveau de cette délicieuse nourriture humaine qui était la seule nouveauté possible dans leurs plaisirs dénaturés. Oui, il ne resta plus rien de ce soir là, que des visions de cauchemar pour les gardes et un poids sur l'estomac de tous les convives, repus de la pureté.

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Mieux vaut croquer la vie à pleines dents que vivre ses dents pleines à croquer (ce qui ne veut strictement rien dire).
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