Occupé

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Occupé

Message par Fou le 5/3/2012, 17:19

I.
19051536. Beaucoup de digicodes parisiens ont une combinaison basée sur une aide mnémotechnique, et celui du 15 rue Gustave Doré ne faisait pas exception.
Seulement, Gérard Mirardt ne se souvenait jamais de ce qui s’était passé le 19 mai 1536, et peu lui importait étant donné que ce code était gravé dans sa mémoire. Pénétrant dans le hall de l’appartement, il se tourna aussitôt sur sa droite, chercha ses clés dans la poche gauche de son pantalon smoking et ouvrit sa boîte aux lettres. Ne pouvant se servir de sa main-droite qui tenait l’attaché-case dans lequel se trouvait son ordinateur portable, il saisit les prospectus et enveloppes de la main gauche et les étala sur sa paume avec le pouce comme on lirait sa main dans un jeu de cartes. Si ses yeux parcoururent le papier, il ne lut pourtant pas ce qui était écrit : ce geste faisait tant partie de sa routine qu’il en oubliait quelques fois de regarder ce qu’il avait sous les yeux, et il se dirigea vers la seconde porte de l’immeuble sans savoir plus de quoi parlait son courrier que lorsqu’il avait poussé la première.
Si la routine pouvait paraître le pire des schémas possibles dans l’esprit de certains, c’était exactement l’inverse pour Gérard. Tranquillement emmitouflé dans son quotidien, il coulait des jours paisibles sans jamais poursuivre l’imprévu lorsque celui-ci pointait son nez. C’était sa philosophie, vivre tranquillement et laisser les choses se faire. Ainsi, tandis qu’il gravissait une à une les marches de l’escalier, pouvait-il s’adonner à son activité favorite : ne penser à rien. Atteignant finalement le quatrième étage où il logeait, il fit quelques pas vers sa porte d’entrée et mit à nouveau la main dans sa poche.
Sa main ne rencontra que le tissu lisse et synthétique du pantalon. Il bougea ses doigts dans tous les sens pour qu’au moins le mouvement lui fasse entendre le cliquetis des clés s’entrechoquant, mais rien n’y fit. Etonné, il retira sa main pour la remettre à nouveau, comme si l’eut mal rentrée la première fois. Mais force était de constater que ses clés ne s’y trouvaient pas, aussi dut-il se résoudre à poser son attaché-case et son courrier, et à chercher de la main droite dans sa poche droite. Mais cela lui paraissait des plus absurdes, les circonstances n’ayant aucune raison de lui avoir fait mettre ses clés dans cette poche-ci. Et elles n’y étaient effectivement pas.
Cherchant tour à tour dans chacune de ses poches, Gérard finit par se rendre à l’évidence qu’il ne les avait plus sur lui. Alors, jetant un bref regard vers la porte de son appartement, il fit demi-tour et redescendit les quatre étages en regardant à la va-vite si ses clés n’étaient pas tombées sur une marche. Enfin, de retour dans le hall, il les chercha sur la boîte aux lettres et aux alentours. Nada.
Se rendant compte qu’il se trouvait face à un véritable problème, il se gratta l’arrière de la tête puis fouilla à tâtons la boîte en passant ses doigts par l’interstice où l’on met les lettres.
La recherche ne donnant rien, il se résolut à remonter les escaliers en cherchant cette fois-ci plus sérieusement si ses clés n’étaient pas tombées alors qu’il montait tout à l’heure.
Arrivée de nouveau devant son appartement, il s’aperçut qu’il avait laissé son attaché-case, et donc son ordinateur, sans surveillance sur le palier. L’idée lui vint alors qu’il avait peut-être oublier de refermer ce matin, et il abaissa la poignée sans trop de convictions. Effectivement, l’appartement était bien fermé à clé. Décontenancé, il eut un rire bref, puis redescendit à nouveau les quatre étages pour trouver le gardien.


II.
Si l’immeuble tout entier avait un coté vieillot, la loge du gardien était sans doute le lieu qui donnait le plus l’impression d’être encore sous De Gaule. La vitre de la porte était d’ailleurs constituée d’une matière dont Gérard ignorait le nom, et qui déformait ce qui se trouvait de l’autre côté tout en lui donnant une teinte verdâtre. Il semblait n’y avoir personne. Il sonna. Il n’y avait personne. Attendant une minute ou deux, il sonna finalement une nouvelle fois mais il y eut tout aussi peu de réaction. N’imaginant pas une seconde passé la nuit sur le palier, il alla essayer à l’appartement où vivaient le gardien et sa famille, situé quelques mètres plus loin. Cette fois-ci, quelques secondes suffirent pour qu’on vienne lui ouvrir.
-Salut M’sieur Gérard. Ca roule ?
Un bol dans une main, une cuillère remplie de céréales dans l’autre, la fille du concierge qui devait avoir la vingtaine l’interrogea du regard avant de se servir une nouvelle cuillérée.
-Excusez-moi de vous déranger, mais votre père ne semble pas être là et j’ai perdu mes clés…
-Vous, perdre vos clés ? Ben on aura tout vu, j’ai jamais connu quelqu’un d’aussi ordonné que vous.
-Comme quoi, tout peut arriver. Ce que je ne m’explique pas, c’est que je les avais quand j’ai pris mon courrier, et j’ai cherché dans les escaliers des quatre étages.
-Les escaliers ? Mais pourquoi vous n’avez pas pris l’ascenseur ?
-Il est réparé ?
-Bien sûr, ça fait une semaine ! Si papa savait ça, il a eu pleins d’ennuis avec les réparateurs mais il a tenu bon parce que tout l’immeuble le bassinait depuis un mois, et vous ne l’utilisez même pas ! Z’êtes vraiment pas attentifs.
-Pour les personnages âgées comme Monsieur Lereque je comprends, mais moi, ça ne peut me faire que du bien vous savez.
-Quel sportif vous faites. Bon excusez-moi, je papote je papote, mais je suppose que vous avez surtout envie de rentrer chez vous. Attendez-moi deux secondes, j’arrive.
Elle referma la porte, et Gérard l’attendit enfiler rapidement ses bottes, passer par la porte qui reliait son appartement à la cage de gardien, puis la vit en ressortir avec les clés.
-Z’êtes bien la première porte du quatrième étage ?
-Deuxième.
-Ca baigne, c’est sur le même trousseau… Bon, vous préférez l’escalier ou l’ascenseur ?
-Si ça ne vous dérange pas, je remonterais bien l’escalier au cas où je n’y aurai pas aperçu mes clés.
-Quel aplomb. Un vrai sportif, je l’ai dit.
Après quelques secondes de montée silencieuse, Gérard se sentit le besoin de faire la conversation. Au fond, ce n’était pas moins pour combler le vide que pour faire connaissance.
-Je m’excuse, quel est votre nom déjà ?
-‘vous souvenez plus ? Je vous l’avais dit à la fête des voisins.
-Ben… il faut croire que ça m’a échappé.
-Appoline, avec deux P et un seul L. Vu que ça sonne comme Apollinaire, maman espérait faire de moi une rêveuse qui dévore les films et les bouquins. Mais c’est rapé, tout ce qui touche à la fiction, je trouve ça chiant comme tout. La réalité est déjà assez passionnante, vous ne pensez pas ?
-Passionnante, c’est un grand mot, je la définirais plutôt comme agréable. Les vies emplies de passions, c’est plus dans les livres justement.
-Eh, vous vous trompez je vous assure. Je crois que je me suis mal exprimé tout à l’heure, j’aime les livres hein, mais ceux qui parlent de ce qui s’est réellement passé. Vous et moi, d’accord, on a une petite vie de peigne-cul pépère, mais je peux vous dire qu’il y en pour qui ça déménage tous les jours.
Appoline manqua de se prendre les pieds dans l’attaché-case. Elle commença à jurer à propos de l’andouille qui avait laissé traîné ça là, mais Gérard lui fit remarquer que c’était le sien et elle s’excusa poliment.
-C’est pas grave, j’aurai dû le mettre contre le mur… Enfin, on a toujours pas retrouvé mes clefs avec ça.
-On les retrouvera, vous en faites pas pour ça. Alors deuxième porte, deuxième porte… je l’ai.
Appoline introduisit la clé dans la serrure, ouvrit la porte puis abaissa la poignée.
-Ben alors, elle a un problème votre porte ?
-Comment ça ?
-Ben je l’ai déverrouillée, mais on dirait qu’elle en a rien à foutre… Mais tu vas t’ouvrir saloperie !
Après avoir secoué la poignée, Appoline commença à donner des coups d’épaule.
-Calmez-vous, laissez-moi essayer, j’ai jamais eu de problème avec cette porte.
Gérard s’assura que la clé était bien tournée dans la serrure, puis essaya à son tour d’ouvrir. Ce n’était pas comme si elle était encore fermée, on avait plutôt l’impression que quelque chose la coinçait de l’autre coté.
-Ben merde alors, je ne comprends pas.
Gérard relâcha la poignée, puis mit ses mains sur les hanches.
-Vous êtes sûr que vous n’avez jamais eu de problème ? Elle est peut-être mal huilée ?
-Oui oui, elle ne faisait aucun bruit quand on l’ouvrait, rien.
-C’est étrange, peut-être que…
Un bruit sec se fit entendre. La clé venait de tourner d’un quart de tour dans la serrure.


III.
Gérard et Appoline restèrent quelques secondes à fixer la clé, comme si celle-ci avait encore d’autres mouvements à faire.
-Voilà, on l’a notre explication !
-C’est-à-dire ?
-Vous habitez seul ?
-Ben oui, c’est ça qui m’inquiète.
Appoline se rapprocha de la porte et frappa deux coups.
-S’il vous plaît, qui êtes-vous ? Vous n’avez pas le droit d’être dans cet appartement, c’est une propriété privé.
Aucune réponse. Appoline se tourna vers Gérard dans une moue d’exaspération, et retourna la clé, qui refit un quart de tour en sens inverse avant même qu’elle n’ait eue le temps de baisser la poignée. Elle voulut la tourner à nouveau mais Gérard l’en empêcha et la tira vers l’escalier.
-Arrêtez enfin ! C’est sûrement un cambrioleur, vous cherchez les ennuis ou quoi ?
-Cambrioleur mon cul, vous croyez que le type avait prévu que vous alliez perdre vos clés, et qu’il allait en profiter pour rentrer chez vous et fermer de l’intérieur ?
-Il a improvisé, voilà tout. Cherchez pas d’ennuis à ces gens-là.
-Eeeh, mais vous êtes un gros trouillard en fait !
-Pas du tout, c’est juste qu…
Appoline repartit vers la porte et frappa du plat de la main.
-Eh, le type à l’intérieur. Tu t’es foutu dans la merde, mais sors maintenant et on n’appellera pas les flics.
-Oh, c’est pas vrai…
-Ecoute, on s’en doute que t’es un gars de l’immeuble. Maintenant sors.
-Vous voyez bien que…
-Bon ok, on va appeler les poulets, tu l’auras voulu !
-On va vraiment appeler la police ?
-De quoi vous avez peur ?
-Ca pue les emmerdes cette histoire… Imaginez la réaction de votre père, ça va le mettre dans l’embarras si on apprend que dans son immeuble…
-Ah ouais, vous seriez prêt à inventer n’importe quoi, vous ! Hésitez pas à aller vous acheter des couilles, ça peut être utile dans la vie.
La pique resta visiblement en travers de la gorge de Gérard, puisqu’après un temps d’hésitation, il s’approcha lui aussi de la porte.
-Monsieur ! Ou madame je ne sais pas. Ecoutez, voilà ce qu’on va faire : vous allez reposer ce que vous comptiez piquer, pendant ce temps nous allons monter à l’étage supérieur, vous vous tirez et comme ça on ne sera jamais qui vous étiez. Content ?
Gérard prit le manque de réponse pour une peur du voleur d’être reconnu par sa voix, et jeta un regard de défi à Appoline avant de commencer à monter au cinquième.
-C’est bon, j’vous suis.
Gérard prit bien soin de faire le plus de bruits possibles à chacun de ses pas pour qu’on comprenne qu’il montait. Puis il s’adossa au mur du cinquième, bientôt rejoint par Appoline qui s’assit contre le mur d’en face en pliant ses genoux contre elle. Ils n’échangèrent pas même un regard, et attendirent patiemment d’entendre le squatteur partir en dévalant les marches… Ce qui n’arriva pas. Plus le temps passait, et plus Gérard et Appoline étaient forcés de reconnaître qu’il n’entendait aucun son en bas. Il y eut juste un gros bruit sourd, mais celui-ci semblait venir de l’extérieur. Au bout d’une bonne dizaine de minutes, Appoline s’impatienta et redescendit. Evidemment, son premier geste fut de voir si on pouvait entrer dans l’appartement, mais la porte refusait toujours de s’ouvrir.
-Non mais il est con ou quoi ? On revient et rien n’a changé !
-Vous êtes sûre ? Je jurerai que quelque chose…
Gérard ne s’aperçut que trop tard de la terrible bêtise qu’il venait de faire. Il était monté en étant conscient que le voleur risquait de repartir aves des objets bien sûr… mais cela ne l’avait pas empêché de laisser l’attaché-case contenant son ordinateur au milieu du couloir, qui ne s’y trouvait plus désormais. Un regard suffit à Appoline pour comprendre, mais elle s’abstint de faire une remarque désagréable bien que l’envie l’en démangeât.
-Ah le salaud…
-Mais ça n’a pas de sens enfin, puisqu’il est encore là ! Il serait sorti sans faire de bruit, aurait pris votre ordinateur et serait retourné dans l’appartement ? Même le roi des abrutis ne ferait pas un truc pareil !
-Alors c’est quoi l’explication ? Vous pensez que c’est… autre chose ?
Il frémit.
-Eh, calmez-vous, qu’est-ce que vous allez imaginer pour avoir des frissons ?
-Rien, c’est jute qu’il fait froid d’un coup, non ?
Et pour cause, la fenêtre du couloir était ouverte. Gérard décida de ne pas s’en soucier, quand il se rappela qu’elle avait toujours était fermée jusqu’à maintenant. Il courut en sa direction.
-Oh non, il n’aurait quand même pas…
Tout en bas, sur le bitume, quelque chose s’était fracassé contre le sol. Mais ça ne semblait pas avoir forme humaine. Après avoir plissé les yeux, Gérard compris qu’il s’agissait de son attaché-case brisé en deux par le choc avec son ordinateur.


IV.
Certaines touches du clavier étaient à plusieurs mètres de là, l’écran avait une énorme fissure au milieu et l’appui sur le bouton ON fit faire un bruit si strident à l’ordinateur que Gérard crut entendre un hurlement. Il leva la tête, aperçut Appoline à la fenêtre du troisième étage, puis jeta à nouveau ce qui restait de son ordinateur au sol.
Le type n’aurait jamais rien pu trouver à voler chez lui qui aurait eu la valeur de cet ordinateur, et il enrageait de plus bel chaque fois qu’il y repensait. Son calme naturel avait disparu, et il donna un coup de pied dans un des morceaux de l’attaché-case avant de retourner vers l’immeuble. Il ne baissa même pas la tête pour chercher encore une fois ses clés dans le hall.
Le plus énervant, c’était qu’il ne comprenait en rien la logique de celui qui avait fait ça. Un voleur ordinaire se serait tiré avec l’ordinateur, mais celui-ci, il l’avait jeté par la fenêtre avant de se cloîtrer à nouveau dans l’appartement. Il fallait qu’il se repose la question : quel était le but de cette personne ? Apparemment, elle ne voulait pas être reconnue et en voulait assez à Gérard pour casser son bien le plus cher. Mais qui ? Il n’avait jamais fait de mal à personne, ne devait pas d’argent et n’avait jamais quitté une femme de manière houleuse. Alors c’aurait pu être lui comme n’importe qui d’autre, la victime ayant été choisi au hasard ? Tout ça parce qu’il avait perdu ses clés ?
Arrivé au deuxième étage, un bruit qu’il entendait indistinctement depuis une dizaine de secondes le tira de ses pensées. Une rafale de bruits de coups frénétique, comme si on s’acharnait sur quelque chose. Il monta les deux derniers étages quatre à quatre, comme s’il eut désormais accepter l’idée qu’il puisse y avoir un réel danger.
Appoline ne l’entendit même pas arriver. Elle était adossée contre l’ascenseur, et regardait les yeux ronds comme des soucoupes la porte de l’appartement qui était secouée d’une fureur inimaginable.
-Qu’est-ce qu’il se passe ici ? demanda Gérard avant même d’être totalement parvenu à l’étage.
-Je ne sais pas, j’ai juste dit quelques mots et…
La poignée commença à être abaissée et relevée avec la même folie que la porte.
-Vous avez dit quoi pour mettre ce malade dans cet état ?
-Mais rien, des bêtises ! Que qu’importe qui il était, ça ne se faisait pas et qu’il ne faisait qu’aggraver son c…
Le bruit devint tel que plusieurs personnes de l’immeuble commencèrent à rouspéter. Exaspéré, toutes ses pensées s’embrouillant dans cet affreux vacarme, Gérard ne trouva plus rien d’autre à faire que de crier à son tour.
-Mais tu vas arrêter ton bordel oui ?!
Et soudain, le silence. La porte ne bougeait plus, la poignée était en place, et seul un « pas trop tôt » venant d’au-dessus vint briser le vide sonore qui venait d’envahir l’étage. Gérard, d’abord abasourdi, se tourna vers Appoline et ne put réprimer un sourire de satisfaction. Puis la poignée se baissa à nouveau, et la porte s’ouvrit.
L’ouverture était minuscule, mais on apercevait tout de même le porte-manteau de l’entrée. Gérard et Appoline attendirent que la porte s’ouvre un peu plus et que quelqu’un sorte, mais cela n’arriva pas. Ce n’était pas une annonce de sortie, mais plutôt une invitation à entrer.
-Qu’est-ce qu’il fout ? demanda Appoline.
-J’en sais rien moi. Je comprends de moins en moins ce qui se passe.
-On y va ?
Dans n’importe quelle autre situation, Gérard aurait refusé d’entrer et se serait résolu à appeler la police. Mais cette fois-ci, il y avait quelque chose en plus, quelque chose de personnel qui le poussa à entrer dans son appartement pour y rencontrer le mystérieux squatteur. Ne s’attendant pas à cette réaction de sa part, Appoline se décida à le suivre tout de même et pénétra à son tour dans l’appartement. La porte resta grande ouverte sur le couloir.
-Où est-ce que vous êtes ? s’impatienta Gérard. Ca ne sert à rien de nous avoir ouvert si c’est pour vous cacher.
Il n’y eut aucune réponse, et Gérard se dirigea vers son salon qui était attenant à la moitié des pièces pour s’adresser à l’individu tout en le cherchant du regard.
-Ecoutez, je ne sais pas ce que je vous ai fais, mais si j’ai effectivement fait quelque chose qui vous a nuit, je m’en excuse. Maintenant arrêtez ce cirque et tout rentrera dans l’ordre.
Le seul bruit qui suivit cette tirade fut le grincement du plancher provoqué par les pas d’Appoline. Elle s’approcha de lui, et regarda autour d’elle à son tour avant de demander :
-On fait quoi ? Il veut quand même pas qu’on le cherche ?
Gérard ne prit même pas la peine de répondre, et commença à parcourir les pièces une à une et fouillant du regard chaque coin des pièces. Appoline, un peu effrayé malgré elle, resta dans le salon en suivant Gérard du regard chaque fois qu’il réapparaissait dans son champ de vision. Finalement, il revint vers elle.
-Il est nulle part, ce con ! Vous ne l’auriez pas vu partir pendant que j’avais le dos tourné ?
-Non, je pense que vous l’auriez remarqué de toute manière…
-Fait chier… Ca te fait marrer le squatteur, c’est ça ? Il faut te faire soigner mec, quand on a ce genre de hobbies on est bon pour l’asile !
La nuit tombant, il alluma une lampe du salon et s’assit dans un fauteuil.
-Merde ! Je fais quoi moi, avec un dingue caché dans un de mes placards ?
-…
-Asseyez-vous, vous me stressez.
Appoline s’exécuta, mal à l’aise. Un nouveau silence s’abattit, interrompu quelques fois par Gérard qui soufflait la tête dans les mains.
-Il va falloir qu’on appelle la police, marmonna-t-elle.
-Oui… oui, vous avez raison. Dégageons d’ici, et appelons-les, on n’aurait même pas dû rentrer ici.
Il se leva et se dirigea vers la porte d’entrée. Elle le suivit rapidement, l’envie de quitter ce lieu se faisant de plus en plus pressante. Arrivé dans le couloir, Gérard se retourna vers elle, et eut juste le temps de la voir commencer à ouvrir sa bouche pour hurler. Tel le couperet d’une guillotine, la porte se referma d’un coup sec.


V.
-Appoline !
Gérard se rua sur la porte, mais la poignée refusait de se baisser. Le cri d’Appoline devenait de plus en plus fort, mais semblait en même temps s’éloigner. Gérard appuya de toutes ses forces sur la poignée qui ne bougea pas d’un millimètre, puis commença à frapper la porte avec le poing puis avec l’épaule.
-Appoline ! Dites-moi quelque chose, bordel !
On ne reconnaissait même plus la voix de la jeune femme dans le hurlement. Il avait quelque chose de bestial, un mélange de peur et d’appel au secours qui se confondaient.
-Si tu touches à un seul de ses cheveux, je t’étripe tu m’entends ! Je te défonce connard, je te broie !
La porte se remit à trembler comme si elle était possédée, et la poignée bougeait si rapidement qu’on ne pouvait même plus l’attraper. Gérard recula d’un pas. A l’intérieur de l’appartement, on aurait dit que chaque objet était renversé de manière à faire le plus de bruit possible, comme pour couvrir le cri qui parvenait toujours à être plus fort.
-Qu’est-ce qu’il se passe ici ?!
Plusieurs voisins de paliers arrivèrent au quart de tour, horrifiés par les hurlements qui émergeaient de l’appartement.
-La fille du concierge est à l’intérieur ! Je ne sais pas ce qui se passe, c’est complètement fou !
-Sortez-la bon sang !
On essaya d’ouvrir, mais rien n’y fit, les secousses de la porte et la folie de la poignée rendaient l’action impossible. Derrière, le cri devenait de plus en plus inexplicable, comme si des milliers de voix n’en faisait plus qu’une. Plus personne ne savait quoi faire, des enfants s’étaient mis à pleurer dans cette atmosphère d’angoisse et d’impuissance qui envahissait chaque adulte.
Puis petit à petit, le hurlement se calma, jusqu’à se transformer en un rire léger. La porte cessa à nouveau son tambourinement infernal, et, en baissant la poignée, il semblait qu’on eut juste à faire à une porte verrouillée des plus banales.
-Appoline ! Répondez-moi, Appoline !
Il se remit à frapper convulsivement sur la porte, puis au milieu du rire, on entendit de légers bruits de pas qui venaient vers le couloir. On entendit un loquet être actionné, alors que Gérard aurait juré n’en avoir jamais eu, et la porte s’ouvrit. Appoline se mit sur le paillasson de l’entrée, leva le bras gauche puis appuya sur l’interphone en toisant Gérard du regard.
-Tu vois ça ? C’est une sonnette. C’est vachement pratique, ça évite d’avoir à taper comme un sourd sur la porte pour rentrer chez les gens.
Puis elle repartit dans un petit rire. Toutes les personnes présentes étaient médusées. Elle n’avait plus les mêmes habits et son allure ressemblait à celle d’un toxico dont la tête peinait à tenir sur les épaules.
-Appoline… qu’est-ce qui s’est passé, pourquoi portez-vous mes habits ?
-J’suis une grande fille, je m’habille comme je veux, non ? T’es pas concierge à ce que je sache, hein ?
-Non…
-Bon ben t’es pas mon père. Laisse-moi tranquille un peu.
L’appartement était méconnaissable. Les objets, la majorité fendillée ou éclatée, étaient positionnés à des endroits différents, comme si on avait réaménagé toutes les pièces. Si l’entrée était un champ de ruines, le salon captait encore plus l’attention avec le canapé qui était griffé de part en part.
-Dites, ça vous dirait de me suivre ? Il faut qu’on cause tous les deux.
Appoline le saisit par la manchette, et l’entraîna vers l’ascenseur qu’elle appela.
-Non mais qu’est-ce que vous faites ? Racontez-nous ce qui s’est passé ! Vous allez bien ?
-C’est des broutilles tout ça, on verra après.
-Non ce n’est pas des broutilles ! tonna un homme vivant au cinquième étage. Vous passez dix minutes à gueuler et on devrait tous rentrer chez nous, normal ?
Appoline sembla prendre peur, et regarda l’homme comme s’il s’était apprêté à la frapper.
-Il a raison, on ne peut pas vous laisser partir comme ça.
-Asseyez-vous deux secondes, mademoiselle.
Le petit carillon signalant que l’ascenseur était arrivé sonna, et Appoline s’empressa d’ouvrir la porte. Quelqu’un l’attrapa par l’épaule, la sommant de ne plus bouger.
-Virez vos sales pattes de là, gros dégueulasse !
En une fraction de secondes, Appoline fit demi-tour sur elle-même et menaça l’assemblée d’un taser qui émit aussitôt une décharge électrique.
-Plus un geste ou je vous éclate !
-Comment saviez-vous que j’avais ça chez moi ? s’écria Gérard. Je ne l’ai jamais sorti depuis que je vis ici !
-Rentrez dans l’ascenseur. Tout de suite !


VI.
L’arme brandie au nez de tous, personne n’osa faire quoique ce soit. Gérard se retrouva forcé de rentrer dans l’ascenseur, suivi de près par Appoline qui toisa tout le monde du regard jusqu’à ce que les portes soient totalement fermées. Puis elle appuya sur le bouton menant au rez-de-chaussée.
-Appoline, qu’est-ce que vous…
-C’est bon, déstressez-vous un peu. Quand je vous disais qu’il y en a certains qui ont une vie trépidante tout à l’heure, j’avais pas si tort, vous voyez ? Même si personnellement, je m’intéresse surtout aux vies trépidantes du passé. J’ai pas eu le temps de vous le dire quand on discutait, mais je suis étudiante en histoire. Et c’est fascinant, vraiment. Tenez, en ce moment, je fais un exposé sur Henry VIII, vous savez, le roi d’Angleterre qui a eu six femmes. Après vous êtes renseigné là-dessus, quel est l’intérêt d’aller voir un film de science-fiction ?
Les portes s’ouvrirent sur le hall. On entendit immédiatement le bruit de certains habitants de l’immeuble dévalant les escaliers. Appoline tira Gérard vers la loge du gardien et les y enferma à double tour.
-Vous comprenez ce que je veux dire, n’est-ce pas ? Je n’ai rien contre l’imaginaire, c’est juste que je trouve ça très désuet.
Elle alla fouiller dans les tiroirs d’une vieille commode tandis que les voisins arrivaient derrière la porte et ordonnait qu’elle l’ouvre. Gérard, perplexe, la regardait faire sans comprendre.
-Asseyez-vous, je vous en prie.
Bien qu’il ne le fit pas, cela ne l’empêcha de s’étaler dans le fauteuil de son père. Elle avait déniché un dossier qu’elle ouvrit sur le bureau, et y chercha une feuille.
-J’ai toujours était passionnée par Henry VIII. D’ailleurs, entre nous, je vais vous dire un secret : c’est moi qui ai choisi la combinaison à l’entrée. C’est la date de mort d’Anne Boleyn, la deuxième femme d’Henry VIII, vous aviez trouvé ?
-Qu’est-ce que vous me racontez enfin ! Je m’en fous du code à l’entrée ! Il s’est passé quoi dans cet appartement ! Vous vous êtes fait frappée ? Violée ?
-Il y a plusieurs grandes œuvres sur Anne Boleyn. Vous avez les deux premières saisons de la série Les Tudors, Deux sœurs pour un roi avec Natalie Portman et Scarlet Johansson… C’est vraiment un bon film, je vous le conseille. Ah, le voilà ! Regardez, c’est bien votre contrat de bail ?
Comme si elle venait de trouver le Graal, Appoline brandit fièrement le contrat de location de l’appartement de Gérard.
-Oui…
-Et ben voilà. Fini.
Elle le déchira en deux d’un geste sec.
-Nous ne voulons plus de vous dans l’immeuble, Monsieur Mirardt. Merci de partir dans les plus brefs délais.


Dernière édition par Fou le 5/3/2012, 19:42, édité 4 fois

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Re: Occupé

Message par Luce le 5/3/2012, 18:37

Soit j'ai raté quelque chose, soit ya un truc a comprendre que j'ai pas compris... C'est quoi cette fin ? xD

Sinon, je suis verte de jalousie. T’écris comme un Dieu, j'ai pas vu de fautes d'orthographe tellement j'ai dévoré la nouvelle.
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Re: Occupé

Message par Rasenti le 6/3/2012, 13:40

J'aime pas les fins mystérieuses Sad
Soit, comme le dit Luce, y a un truc caché que j'ai pas capté, soit c'est fait exprès, mais dans tous les cas, ce que j'aime et qui me fait frissonner dans une histoire ce sont les révélations... Donc comme là il n'y en a pas vraiment je dois t'avouer que la fin m'a tout gâché Sad
Parce que sinon c'est très bien écrit et très bien construit ! T'es en haleine jusqu'au bout, et ça c'est super.
Mais une fois fini, tu te dis "ok, et alors ?"
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Re: Occupé

Message par Fou le 7/3/2012, 17:43

Bon, ben content que ça vous ai accroché en tout cas Smile
Pour la fin, j'attends que d'autres personnes donnent leur avis dessus puis j'en discuterai avec vous. Merci ! Wink


Dernière édition par Fou le 7/3/2012, 20:25, édité 1 fois

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Re: Occupé

Message par Rasenti le 7/3/2012, 19:48

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Re: Occupé

Message par Aryko le 7/3/2012, 20:56

^^ quelle fin !
Je vais méditer au sens de cette histoire, car même si j'ai plusieurs hypothèse aucune ne me satisfait.
(semi hors sujet : parler d'Henri VIII me fait penser à Greensleeves, magnifiquement interprété dans Overlord, d'ailleurs ...)

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Re: Occupé

Message par Fou le 11/3/2012, 12:18

Finalement, je ne vais peut-être pas vous donner le fin mot de l'histoire trop rapidement : peut-être écrirais-je une suite un de ces quatres, donc le mystère restera en suspens jusque là Wink

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Re: Occupé

Message par Nere le 15/3/2012, 01:06

Mwahaha, j'me suis enfin décider à lire ce petit texte. Eh ben putain ! Bon alors, par où je commence... Oui parce que j'ai pris des notes pendant ma lecture mon garçon ! Commençons par les critiques, j'finirai par le bô.

Alors déjà, deux trois trucs qui m'ont fait sortir de l'histoire:
- C'est quoi ce délire de Gauche et de droite au début ?! C'est pire que "ça m'a fait sortir de l'histoire", vu que c'est au début, du coup j'ai eu du mal à rentrer plutôt. On dirait un mot d'passe pour un jeu video. J'imagine/j'espère que c'est évidemment fait exprès, que c'est pas juste pour rajouter du détail et du réalisme, mais ça m'a vraiment gêné.
- T'arrives pas à te décider pour le champ lexical utilisé par le narrateur. A un paragraphe, tu écris "force était de constater" (v'là l'expression déjà), et deux lignes plus loin, tu écris "tout à l'heure". Ca m'a fait tiquer, et je crois que y'a une ou deux autres occurences dans le genre.
- Le fait d'utiliser "On" dans "on essaya d’ouvrir". L'intégralité du texte étant écrit à la troisième personne, euh... "free omniscient" en anglais (je sais plus comment on dit en français, quand t'es à la 3ème personne mais concentré sur un perso, Gérard là entre autre) et c'était assez subtil. Mais là le "on" m'a fait l'effet d'un "nous", du coup j'ai retiqué (me faut pas grand chose).

Je crois que j'ai finis pour les critiques négatives.

V'là d'la positivité :
- Un boulot de malade sur les réactions que tu provoques chez le lecteur vis à vis des persos. Que ça soit pour Gérard, que tu nous fais adopter au début, avant de nous faire rendre compte que c'est un trouillard mais qu'en fait non, ou pour Appoline (ça fait trop bizarre de l'écrire comme ça) qui devient carrément quelqu'un d'autre.
- Une mention spéciale pour le début. On s'en fout si c'est fait exprès ou pas, quand on écrit y'a ET de l'intuition ET de la réflection. J'avais envie de vomir (vraiment) en l'imaginant monter et descendre les escaliers, stressé pour son attaché caise sans rien en faire, un peu comme une introduction à ce qui allait se passer.

Voilà pour les critiques... maintenant... ben comme d'hab' avec 90% de ce que tu nous ponds, THE TRUC. Donc là, ben c'est la "fin". On sait pas si c'est finis, auquel cas tu laisses le lecteur et son imagination travaillés comme des dingues pour essayer de comprendre quelque chose (parce qu'on ne peut pas s'en empêcher), peut être justement pour montrer que y'a RIEN à comprendre et que c'est comme la vie ça peut finir de façon abrupte comme la vie d'une femme ne pouvant pas avoir d'enfant, OU alors tu nous prépares une suite, auquel cas on est tous comme des chiens devant la maison du postier à attendre qu'il monte sur son vélo pour lui sauter à la gorge...

Bref, j'aime =D

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Re: Occupé

Message par Fou le 15/3/2012, 09:00

Yeah, merci pour ta critique ! Very Happy

Nere a écrit:- C'est quoi ce délire de Gauche et de droite au début ?! C'est pire que "ça m'a fait sortir de l'histoire", vu que c'est au début, du coup j'ai eu du mal à rentrer plutôt. On dirait un mot d'passe pour un jeu video. J'imagine/j'espère que c'est évidemment fait exprès, que c'est pas juste pour rajouter du détail et du réalisme, mais ça m'a vraiment gêné.
Je suis d'accord avec toi, en l'écrivant je trouvais ça un peu maladroit de ma part. Comment penses-tu qu'il aurait fallu le formuler ?

Nere a écrit:T'arrives pas à te décider pour le champ lexical utilisé par le narrateur. A un paragraphe, tu écris "force était de constater" (v'là l'expression déjà), et deux lignes plus loin, tu écris "tout à l'heure". Ca m'a fait tiquer, et je crois que y'a une ou deux autres occurences dans le genre.
Là en revanche j'ai un peu plus de mal à comprendre. Personnellement, je ne trouve pas que l'expression "tout à l'heure" soit spécialement familière, et je n'avais pas l'impression que "force est de constater" soit si soutenu que ça. Mais bon, ça n'engage que moi, j'aimerais bien savoir si c'en a gêné d'autres aussi.
Au fait, attention, tu confonds champ lexical et registre de langue Wink

Nere a écrit: Le fait d'utiliser "On" dans "on essaya d’ouvrir". L'intégralité du texte étant écrit à la troisième personne, euh... "free omniscient" en anglais (je sais plus comment on dit en français, quand t'es à la 3ème personne mais concentré sur un perso, Gérard là entre autre) et c'était assez subtil. Mais là le "on" m'a fait l'effet d'un "nous", du coup j'ai retiqué (me faut pas grand chose).
Pour le coup, j'aimerais aussi savoir si c'en a gêné d'autres étant donné que ça ne me semblait pas si étrange que ça. Smile




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Re: Occupé

Message par Nere le 15/3/2012, 10:26

Fou a écrit:Je suis d'accord avec toi, en l'écrivant je trouvais ça un peu maladroit de ma part. Comment penses-tu qu'il aurait fallu le formuler ?
Ben, à part enlever des "gauches" et des "droites", comme "mis sa main dans la première poche, puis dans la seconde", je vois pas :/

Plutôt que "tout à l'heure", j'aurais mis "plus tôt" ou quelque chose comme ça.
"Expression: Tout à l'heure
Pronunciation: [too tah leur]
Meanings: a moment ago, just now; in a moment, right away
Literal translation: all at the time
Register: normal"
Et en googlant "Force est de constater", c'est écrit soit que c'est litéraire soit que c'est soutenu.


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Message par Rasenti le 15/3/2012, 13:17

Je suis d'accord avec Nere pour ce qui est du registre de langue, et j'aurais surement d'autres exemples à l'appui, mais honnêtement j'ai la flemme de tout relire x) Changer de registre comme ça c'est spécifique de la 1ère personne, mais à la 3ème personne ça fait bizarre (sans pour autant choquer non plus je trouve).

Et pour ce qui est du "on", c'est pareil, ça fait bizarre sans pour autant choquer. En gros ça donne un style spécial si on veut ^^
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Message par Fou le 15/3/2012, 19:23

Ah ah, ok merci x)

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Message par Nere le 19/3/2012, 20:47

Chaussette

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