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Le baiser du vampire / Fantastique

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Le baiser du vampire / Fantastique

Message par Lyryana le 27/2/2008, 17:56

Petite dédi à Tiphaine qui s'inspira de cette oeuvre pour faire son poème
Et petite dédi à moi même, qui chercha au fond de sa conscience le souhait le plus terrible et le plus sensuel qu'elle puisse y trouver.

Enjoy

Je suis terrifiée, je me demande si cela est normal. C’est ma première fois... Ce château est si sombre, j’entends le vent qui hurle dans les couloirs, les armures qui grincent, les portes qui claquent... Il fait si froid, si noir... Je vois la lune là bas, à travers la baie. Mon regard revient sur le hall immense où je me trouve. L’escalier reluit dans l’obscurité, dans la splendeur de son marbre ancien.
Je suis tellement angoissée... Mon ventre est serré, je tire sur ma jupe avec nervosité. Elle est trop courte... Et ce corsage est trop seyant... Et cette cravate... Je vais le tenter, j’en suis sûre, et après, ce sera la fin. Je n’aurais jamais dû venir.
Je suis vierge, je suis tellement jeune. Je le sais, il va me vouloir, comme tous ceux qui m’ont voulu auparavant, car je représente leur fantasme, à tous ces loups affamés de chair : celle de l’étudiante innocente qui ressemble à une poupée, aux cheveux blonds clairs et aux grands yeux troubles. Combien de fois n’ai-je pas vu des hommes lubriques m’observer, l’oeil allumé de désir, les mains secouées par des tremblements, réfrénant dans un grognement animal toutes leurs pensées grivoises... Ils veulent m’avoir, ils veulent m’appoprier, plonger leur souffrance dans mon corps et vider tous leurs instincts primitifs, avant de me laisser. Mais LUI, il n’est pas humain.
J’entends un bruit de pas régulier, sûr, qui aurait été discret si le silence de la nuit n’avait pas été pas aussi total. A l’autre bout de la pièce, il s’avance, ne levant pas la tête lorsque la lumière de la lune l’éclaire à travers les grandes fenêtres. Je remarque que ses rideaux sont attachés par une corde d’or. Ils sont poussiéreux... Je me croirais presque dans un film. Non, ce n’est pas possible. Je rêve. Et pourtant, c’est un vampire.
Lorsque son regard croise le mien, il m’apparaît comme la réincarnation même de la tentation du Mal. Il est si beau, si attirant, si sublime que je recule de deux pas et laisse tomber toutes mes affaires, qui tombent dans un bruissement plaintif et étouffé. Je m’en fiche, je n’écoute pas, je LE regarde. Il est parfait, en tous points de vue : grand, les cheveux noirs encadrant son visage mince et diaphane sur lequel trône un sourire mystérieux. Ses muscles divins apparaissent sous son chemisier et son pantalon noir, d’où s’échappent deux bottes de cuir aux semelles de fer. Son col ouvert laisse voir un cou élancé, où bat une veine bleue, à peine perceptible sous la peau livide. Mon regard descend sans le vouloir sur sa poitrine qui se mout lentement, laissant apercevoir, sous le tissu, un troublant objet qui cache son coeur. Je suis bouche bée, extasiée, en transe. Et ce n’est pas fini. Il s’approche de moi. Son aura de charme, son pouvoir sexuel est tellement puissant qu’il rejaillit dans tous ses gestes. Une fois qu’il est proche de moi, et qu’il me sent troublée, sa main, oh ! Sa grande main douce, parfaite, digne d'une statue de Michel-Ange se dirige vers mon menton, glisse dessous et me relève la tête.
A cet instant, je me rends compte que lutter ne sers plus à rien, et que baisser la tête durant tout ce temps ne m'a pas sauvée. Il a les yeux noirs, noirs comme l’enfer, l’eau sombre où vit caché le monstre, la pierre où se reflète les flammes du bûcher. Noirs, comme le crépuscule, comme la peur à la nuit tombante, comme l’ombre inquiétante qui court contre les murs, comme la terre désolée et les fumées des arbres calcinés. Ils sont aussi profonds que la mer, et je me sens noyée dans leur grandeur. Ils semblent, à eux seuls, contenir toutes les étoiles de l’univers, toutes les étangs reflètant la pleine lune, et contiennent des promesses de plaisir sans nom. Et pourtant, c’est un être du mal.
Que puis-je faire ? Je suis prisonnière de ces yeux. Il me semble que chacun de mes mouvements se fige de peur, d’extase et d’abandon. Des chaînes invisibles s’emparent de mes bras, de mes jambes, de ma tête, m’immobilisant progressivement. Mon coeur bat si vite que je pense qu’il va sortir de ma poitrine. Je l’entends galoper, affolé par la présence d’un prédateur. Je me sens comme l’agneau égaré et bêlant qui vient de rencontrer le loup ricanant. Je vais me faire dévorer.
- Tu sais, jeune fille, ce n’est pas très prudent de venir ici toute seule, dans ce noir complet, et avec un vampire comme moi...
Une voix... Ah ! La mélodie de l’Apocalypse ne serait pas aussi belle. Elle m’envoûte, tant elle est chaude, calme, terrible, sensuelle. J’ai l’impression de m’enfoncer dans un cercueil sans lumière, au fur et à mesure que mon esprit gémissant cesse de lutter contre son attirance irrésistible. C’est comme un don qu’il possède, un instinct qui vous pousse, malgré tout, à commettre le pire. Je me sens vaciller. Ma raison déserte, mes sens palpitent, tout mon corps est prêt à accepter n’importe quoi.
- Tu as fait tomber tes feuilles, remarqua-t-il. Tu ne les ramasse pas ?
Je sursaute, et tombe au sol le plus vite possible. Parfait, il me donne une raison de ne pas le regarder. Bientôt, je me rends compte de ma bêtise. Oh non... Je m’agenouille devant lui, je me baisse... Bientôt son esprit triomphant voudra accomplir son devoir. Je sens son corps s’agiter un peu, lorsque son regard descend sur le bas de mon dos, et remonte avec gourmandise. Je suis parfaite. Je suis la proie idéale.
Je suis tellement troublée que je ne parviens pas à me concentrer pour prendre mes affaires. J’essaie de focaliser mes gestes avec difficulté sur mon carnet, quand soudain, sans rien dire, il me prend les bras et me relève avec une douceur brusque. En réalité, je le sais, c’est pour m‘empêcher de bouger, mais il le fait d’une telle façon, avec une telle simplicité et avec tant de noblesse qu’il me persuaderait presque de ses bonnes intentions. Je vois sur sa bouche un sourire machiavélique et satisfait.
- Laissons ça, veux-tu, mon ange ? Toutes ces choses matérielles sont sans importance... Car tu sais quel est notre vrai but, à tous deux, n’est-ce pas...
Sa main a pris la mienne et il la porte à ses lèvres. J’ai envie de pleurer, lorsque je sens son souffle brûlant effleurer ma paume, mon poignet, et la naissance du bras. Mon Dieu, sa peau est aussi glacée que celle d’un serpent... Il voit les tremblements qui me secouent, et il en tire une jouissance intarissable. Il sait que je ne suis pas de taille à résister, et il va m’achever en douceur, pour me faire connaître l’intensité et la perfection avant la mort.
- Tu le sais, ma chérie... En venant ici, tu savais tout ce que tu pouvais risquer... Pauvre insouciante, tu ne te rends pas compte à quel point tu me plais... Je n’en peux plus...
Je vois ses yeux s’allumer d’un feu malsain et meurtrier. Sa main quitte mes doigts, et me replace quelques mèches rebelles derrière les oreilles. A chaque contact, ma peau est parcourue d’un frisson de plaisir ; j’ai la fièvre, j’ai peur, je gémis, d’angoisse et d’impatience. Plus rien ne compte que lui, que mon coeur, que ce moment. Je ne vois rien, mais je sens tout avec une force décuplée, et un désir formidable, comme je n’ai jamais ressenti, m’attrape, me sers, m’étouffe. J’ai chaud, je brûle, j’attends. J’aimerais à la fois céder, résister, mourir, courir. Il sent que je n’en peux plus. Alors, avec fougue, il se place derrière moi, et m’emprisonne de ses bras. Il me fait mal, je souffre, mais je n’ai pas le temps de m’attarder dans mon malheur. Il va me faire connaître le Paradis avant l’Enfer. Il me torture intérieurement, ses mains passent sur mon chemisier, et en défont deux boutons. Il me sent tout le long du cou, il cherche la veine suprême, puis redescend sur l’épaule, affamé. Il colle son corps tendu à mon dos, tandis que je lâche tout appui terrestre et que je tombe dans ses bras. Ma tête prend appui sur son épaule, je la tend, je me serre contre lui... Oh, vas y, n’attends plus mon amour sombre, amène moi à pécher contre le ciel et à sombrer dans la tentation... Mon ange déchu, mon âme noire... Pourquoi me faire tant souffrir ?
Il entend mon gémissement, ma plainte sourde. Il me sent comme une femelle prête à l’acte sexuel, car ce qu’il va se passer est proche de l’acte sexuel. Je vais rester vierge, mais il va me prendre quelque chose de bien plus intense. Il ne va pas seulement pénétrer en moi, il va m’avaler. Il va me goûter, m’aspirer, aspirer mon âme par ses lèvres, me faire languir, m’épuiser, me faner. Et à la fin, je retomberais morte sur le sol, encore heureuse, une expression de joie horrible perçant mon visage. Je serais à toi, et tu seras repu. Mon Dieu, je n’ai attendu que ce moment là... Qu’attends-tu...
- Adieu, mon cher amour, murmure-t-il soudain.
Alors je sens ses lèvres s’ouvrir, sa bouche glisser contre mon cou ; et, me tenant les bras d’une main, et la tête de l’autre, il enfonce lentement ses canines dans ma veine.
Mon sang coule... Mon regard se floue... Mes oreilles seules restent intactes. Je l’entends, il boit mon sang, il s’en délecte, parfois il lèche la plaie qu’il vient de me faire... Puis il me reprend. J’ai mal, mais je me sens libérée. Mon désir s’estompe peu à peu, je sens les nuages arriver, m’entourer, me happer dans leur brume. Mes grands yeux bleus se voilent doucement, de larmes de peur. Il me semble que petit à petit, la pression de ses bras devient moins forte, et qu’au fur à mesure que mon sang parvient EN LUI, mon corps s’affaiblit. Mes pensées se touchent, se mêlent, s’embrouillent. Un dernier soupir de plaisir s’échappe de mes lèvres devenues livides. Enfin, avec un sourire, je meurs, je ferme mes grands yeux et me laisse entraîner à jamais dans les ténèbres.
Le vampire la prit dans ses bras, à la fois heureux et désolé. Elle était morte. Son teint était blanc comme la craie, ses yeux mouillés clos, et sa bouche à peine ouverte. Il poussa un profond soupir. Combien de femmes n’avait-il pas vu, comme elle, tout oublier, s’abandonner à leur passion, à leur désir inconscient de se donner et de mourir... Il regarda la jeune tête, innocente et apaisée tomber contre son sein. Deux marques profondes ornaient son cou jadis pur de toutes taches. Le sang se diffusait partout, son odeur remplissait la pièce, il coulait de ses lèvres écarlates, il se noyait dans la blancheur de son chemisier ouvert, d’où s’échappait à présent une poitrine figée. Petite poupée sans défense... Qu’avais-tu donc fait pour mériter de mourir dans l’extase... Plein d’une profonde mélancolie, il embrassa les lèvres blêmes de la jeune vierge, puis remonta dans l’escalier, le cadavre dans les mains. Ce n’était pas tellement qu’elle allait lui manquer. Mais jamais, de sa vie, il n’avait goûté sang plus pur, plus doux, plus sucré et harmonieux que celui qui ne coulait plus dans ses veines.


Voici mon désir.
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Re: Le baiser du vampire / Fantastique

Message par Nere le 27/2/2008, 18:00

Alors je sais plus ce que j'ai mis sur DA, mais à chaque fois que je le relis j'en ai des frissons... de plaisir x_x
Bravo x)

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"Il arrive au bout et referme la bouche. Mon dernier lien avec ce monde saute comme un maillon dans une chaîne. Je m'en vais en laissant derrière moi une forte odeur de soufre. Juste histoire qu'on se souvienne de moi. "
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Re: Le baiser du vampire / Fantastique

Message par Youle le 27/2/2008, 18:24

Magnifique...

Je... je pff, je me suis pris dans l'histoire, c'était moi la vierge... je... je waou... Shocked pale

T'écris comme une déesse et je pese mes mots... continue !
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ta nouvelle

Message par Invité le 27/2/2008, 19:02

Je trouve que tu as du talent dans l'écriture, continue comme ça^^
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Re: Le baiser du vampire / Fantastique

Message par Nere le 27/2/2008, 20:12

Shan'... Shan' une vierge... MDRRRR XD
Excelent guy bom
lol x)

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Re: Le baiser du vampire / Fantastique

Message par blueeangeel le 28/2/2008, 12:59

Elle est bien écrite ta nouvelle mais cela me paraît un peu triste pour la jeune fille, de mourir comme ça. Enfin bon c'est très jolie quand même.
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Re: Le baiser du vampire / Fantastique

Message par Evadrias le 28/2/2008, 17:54

Texte sublissime, magnifique <3
Vraiment, ton texte est superbe ^^
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Re: Le baiser du vampire / Fantastique

Message par Fou le 9/3/2008, 21:47

...
Je suis désolé mais tu connais l'expression "on ne peut pas plaire à tout le monde"...
C'est animal comme texte : cul, envie, envie, cul, soif, mort... Des chiens auraient fonctionné aussi (le prends pas mal !!!)
Bref, c'est pas mon genre, et j'en suis desolé.
Autre chose qui m'a gêné : si quelqu'un parle à la première personne au présent, je le vois mal faire de si belles phrases.
D'ailleurs, tu écris très bien.
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