Dans sa tête / Nouvelle gore

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Dans sa tête / Nouvelle gore

Message par Lyryana le 30/8/2008, 07:20

Je déconseille ce texte à ceux qui n'aiment pas tout ce qui concerne les psychopathes, ou bien la décomposition, ou encore tous les petits détails "Beurk".

- Non, murmurai-je tout d’abord, la voix étouffée.
Je m’approchais du corps au sol, inerte, flottant à demi dans la rivière qui coulait.
- Non, répétai-je. Non.
Je l’avais retrouvée, je l’avais enfin retrouvée, et cette retrouvaille était pour moi un vrai mélange, à la fois d’horreur et de soulagement. Trois mois, trois mois qu’elle avait disparu, trois mois sans espoir, et en même temps, cette pensée indétachable, furieusement collée à notre amour, trois mois d’illusions et de désillusions, terminées pour toujours à sa seule vie. J’avais envie de pleurer de joie en voyant la fin de mon calvaire, enfin, en tenant son cadavre entre mes mains, joie de ressentir clairement la lame de la douleur me transpercer sèchement que de souffrir éternellement d’un faux-espoir, de cet aiguillon d’avenir, brisé, enfin, j’avais le droit de souffrir pour quelque chose. Sans un mot, je serrais son corps putréfié contre le mien, remontant mon regard de bas en haut. Elle avait incroyablement maigri. Sa peau s’était teintée d’une nuance verdâtre un peu grise. Ses pieds étaient écorchés et lacérés, ses longues jambes n’étaient plus qu’un tas de chair flasque. Son sexe était à moitié dévoré par l’essaim d’insectes attirés par l’odeur nauséabonde de sa décomposition; son ventre était percé de part et d’autres de trous et d‘ouvertures, hommage sanglant de larves ou d’araignées. Ses côtes saillantes traversaient presque sa peau sale et grisâtre; ses seins, auparavant si beaux, étaient horriblement froids. Je les caressais, comme un souvenir, me rappelant leur chaleur d’antant, avant qu’ils ne soient plus que deux tas informes, lourds et graisseux. Ses longes bras étaient devenus très très maigres, ses mains étaient écorchées, ses ongles cassés, ses poignets portaient la trace de liens, comme des cordes. Je regardais son dos, et un sanglot m’échappa : on l’avait traînée dans toute la forêt, et ce qui restait du derrière de son corps était entièrement déchiré et livré aux insectes. Je commetais la folie de regarder son visage, et la nausée me prit violemment. De sa bouche, tordue en un éternel rictus, s’échappait parfois un scarabée, ou autre insecte ; ses narines avaient quasiment disparu, ses yeux étaient partis les premiers. Il ne restait plus que deux trous vides et noirs comme le Néant et l’Enfer, aux sourcils figés dans une attitude de douleur. Sur son front merveilleux, que j’avais tant de fois caressé, m’extasiant sur sa blancheur d’ivoire, perlaient quelques tâches, et de rares cheveux subsistaient de sa crinière brun-fauve dans laquelle je m’étais noyé. Tout, tout en elle rappelait le squelette, pointant insidieusement derrière son masque de chair. Pour ne rien épargner, je l’avais retrouvée à demi dans l’eau, le côté gauche immergé et ravagé d’autant plus que la décomposition s’était accélérée. Et pourtant, elle était belle, lorsque je l‘ai trouvée. Allongée sur son tapis de verdure et de mousse, entièrement nue, la poitrine outrageusement montrée, le bras droit replié sur le ventre, et l’autre au dessus de la tête, son corps désarticulé offrant un « contraposto » magnifique avec la rigueur brune de la terre... Le souffle du vent qui m’apportait ses effluves putrides, le ciel gris, les arbres noirs et verts, et l’eau, l’eau cristalline qui chantait et coulait à côté d’elle, le ruisseau d’argent, éternel berceau de sa mort...
Tout en lui murmurant mon amour à ce qui lui restait d‘oreille, je pleurais de désespoir, comprenant enfin le but ultime du meurtrier : en faire son modèle, dans un décor parfait. Je me mettais à sa place, et sentait son désir de vrai, de perfection, de beauté; désir qu’il avait pu réaliser en enlevant l’amour de ma vie, la violant, la torturant, puis l’abandonnant ici. Les yeux brûlants de haine et de larmes, je rentrais dans sa psychologie, je ressentais ses désirs fous, ses fantasmes morbides, ses pulsions dégradantes. Je vis soudain la chaîne en or autour du cou de ma chère et tendre morte; celle-là même que je lui avais offerte en cadeau pour son anniversaire. La médaille la représentait comme elle était avant, splendide, souriante, charnue. Mais tout cela était terminé. J’arrachais la chaîne avec violence, brisant au passage deux de ses vertèbres cervicales. La fourrant dans ma poche, je regardais l’eau qui coulait sans s’attacher à rien, insensible à la mort ou à la vie, et levant le poing au ciel, je me jurais de retrouver l’ordure qui avait fait ça, et de le dépecer vivant, pour lui faire connaître la douleur de perdre ce qu’on avait de plus cher : la Vie.
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Re: Dans sa tête / Nouvelle gore

Message par Skilos le 30/8/2008, 10:52

Bon commentons ^^ .
En fait j'ai commencé à le lire plusieurs fois et je m'arretait au debut ... enfin là je l'ai lu entierement et j'ai un truc a dire : BRAVO pour la descritpion . J'aime pas trop le contexte certes mais franchement t'est vraiment arrivé à donner forme a ce cadavre et a la douleur de monsieur !
J'aimerai bien suivre la torture du gars qui a fait ca ^^.
Mais un truc : à la fin tu dis de perdre la vie( le plus cher) alors qu'apres avoir lu tout ca j'etait sur que tu aurais du dire l'amour ... le coeur ou je ne sais quoi . T'es tu trompée ou c'est moi ( ce qui est tres probables ^^ ) ? ( puis pour lui faire ressentir la douleur de perdre la vie .. ben ... faut le tuer simplement non ? )

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Re: Dans sa tête / Nouvelle gore

Message par Lyryana le 30/8/2008, 15:02

Mais si sa femme, c'est sa vie, qui te dit qu'il n'a pas ainsi perdu la vie ? ^^
(Eh oui... Le romantisme...)

Merci pour ton commentaire =)
Perso, j'ai adoré écrire ce texte. Ca fait du bien.
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Re: Dans sa tête / Nouvelle gore

Message par Fou le 30/8/2008, 17:34

Desolé, pareil que pour l'autre. Neutral

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Mieux vaut croquer la vie à pleines dents que vivre ses dents pleines à croquer (ce qui ne veut strictement rien dire).
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